Qui les raconte encore ? Une transmission fragile mais vivante
Avec la disparition des veillées, ces « petites mythologies » rurales ont bien failli tomber dans l’oubli. Mais elles percent encore dans les ateliers patrimoine, dans les festivals, ou même sur les chemins balisés qui racontent les légendes à travers des panneaux ou des randonnées contées (cf. programme annuel de la Maison du Parc Normandie-Maine).
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À Fresnay-sur-Sarthe, un circuit « légendes et vieilles pierres » propose de redécouvrir ces récits là où ils sont nés.
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Les écoles rurales font parfois appel à d’anciens conteurs ou collecteurs locaux, comme l’association « Racont’Mwa », pour transmettre ces histoires aux enfants.
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Des bénévoles mettent en ligne des fonds sonores d’archives orales (notamment la Bibliothèque départementale de la Sarthe).
D’après les travaux du CNRS sur les traditions orales en Pays de la Loire (projet Contes et Légendes de Loire et de l’Ouest), 87% des habitants de Haute Sarthe de plus de 55 ans se souviennent d’au moins une légende apprise dans leur jeunesse, mais moins de la moitié les ont transmises à leur tour. Le reflet d’un monde qui bascule, mais qui, à condition de tendre l’oreille, bruisse encore de ces histoires.